

| A Paris |
|
« En capitale. »
J’aurais dû longuement m’asseoir Pour admirer la ville, Capter la rumeur des comptoirs Ou celle d’une terrasse tranquille. J’aurais dû fouiner, traîner d’aventure, Tout en dénichant quelque endroit magique, Presque m’égarer d’urbaine sinécure Au remord secret du strident trafic. Dans la douche folle du piéton pressé, J’aurais fait aussi un pèlerinage Et revisité mes anciens quartiers, Malgré au lointain, l’odeur de l’orage.
A moins qu’à l’abri d’un grand magasin J’eusse enfin trouvé la meilleure affaire Et fus maquillée par d’expertes mains. J’aurais dû encore flâner vers les squares : Y accumuler mil rires en arpège, J’aurais trimballé un vieux roman noir Mais sans pouvoir lire à cause du manège ! J’aurais déniché chez les bouquinistes Une gravure de la Cité des fleurs, Puis au bord des quais croisé des artistes ... Hôtel du Palais : rêvant d'ascenseur ! En montant le long de la rue Belliard J’aurais fait les puces en fin de journée, Tu m’aurais rejointe un peu au hasard On n’aurait pas pu se téléphoner ! J’aurais afin de tout remémorer Arpenté Tolbiac, en vélo, l’école, Barbès, quat’saisons et le Châtelet Puis de la Chapelle, square des Batignolles. Au détour d’églises, j’aurais dû prier, Donner au clochard plusieurs cigarettes, Cueillir une guitare à Saint-Germain-des-Prés Et puis tard le soir chercher ma baguette… Au bout d’un passage alors inconnu Soudain fatiguée, j’aurais découvert Sous une tonnelle verte et incongrue Deux bancs : oxygène prés d’une fontaine d’air… J’aurais dû choisir les voix aériennes, Me gaver de toits, de couloirs, de rues ; Bus, petite ceinture, Maraîchaux, Vincennes, Périph’, publicité, tintamarre, cohue ! J’aurais … j’aurais pu rester à Paris Sans collectionner les tickets-reliques, J’y retournerai : terrasses et ciel gris Les souvenirs n’en seront que plus chics !
Vue du Sacré Coeur, Paris XVIII ème, depuis la cité "Montmartre aux artistes" où vécut Vasyl KHMELUK.
|
![]() |
| © 2010 |